Témoignage du dirigeant d’une société de Tiers Archivage, fondée à Lyon : Everial

Témoignage du dirigeant d’une société de Tiers Archivage, fondée à Lyon, Everial : démarche entrepreneuriale, ancrage local, les choix d’une stratégie. Par Lionel Garcia, Directeur général d’Everial

 

Lionel Garcia, directeur général de la société Everial, a présenté la démarche de son entreprise qui existe depuis une vingtaine d’années, d’abord sous le nom d’Archives Alpha puis sous celui d’Everial. Les actions de son entreprise ont récemment évolué pour ne plus seulement se cantonner à la conservation d’archives physiques mais s’orienter vers la gestion d’archives électroniques. Cette gestion passe aussi bien par la mise en place de coffres forts électroniques pour assurer la valeur probante des documents, que par des opérations de numérisation ou la mise en place de GED dans les entreprises. Cette évolution se fait également dans le sens d’une augmentation du nombre de services proposés ; les clients d’Everial recherchent aujourd’hui aussi bien des prestations de conservation qu’un accompagnement « sur la valorisation de l’information » au sein de leur structure, selon les termes de Lionel Garcia. Les tiers archiveurs gèrent donc dorénavant des fonds et des flux d’informations, et doivent ainsi se positionner sur la chaîne globale du cycle de vie de l’information.

 

Lionel Garcia, Directeur général d’Everial

 

Après cette présentation, un débat s’est engagé dans la salle sur le rôle que pourrait jouer les tiers archiveurs dans la conservation de la mémoire des entreprises. La question qui a déclenché ce débat était de savoir si le tiers archiveur pouvait alerter les services d’archives publics compétents lorsqu’un client lui demandait de faire effectuer la destruction de ses archives historiques, ou du moins conseiller à ce client de prendre contact avec les Archives concernées. A cela, Lionel Garcia a répondu qu’effectivement les tiers archiveurs ont un devoir de conseil auprès de leur client, mais n’a pas évoqué de lien avec le réseau public. Le rôle du secret professionnel a également été évoqué dans la salle pour expliquer le fait que les tiers archiveurs ne peuvent pas contacter les services d’archives publics, et que si ils le faisaient la relation de confiance avec le client serait brisée. Toutefois, afin de conserver de façon rationnelle une partie du patrimoine industriel, l’idée a été évoquée d’une évolution de la loi qui pourrait contraindre les tiers archiveurs (comme c’est déjà le cas pour les mandataires liquidateurs) à prendre contact avec les Archives départementales, avec toute les réserves dues au respect du secret professionnel, avant toute destruction.

Lionel Garcia a alors expliqué que même dans ce cas, ce rôle d’alerte ne pourrait pas systématiquement être effectué, du fait des différentes prestations proposées par l’entreprise. En effet, la prestation de base ne permet pas à Everial de connaître le contenu des boîtes. Le classement et la description de ces dernières n’est effectuée que pour un coût plus élevé ; par conséquent, le tiers archiveurs ne peut pas toujours connaître la nature des documents qui sont proposés à l’élimination. Il a par ailleurs expliqué qu’Everial travaillait depuis plusieurs années avec des mandataires liquidateurs afin de dresser l’inventaire des archives de l’entreprise en liquidation, que ces prestations avaient différents niveaux de précision selon la législation à appliquer, et représentaient en moyenne plusieurs dizaines d’actions par année.

Le débat a alors rebondi sur la nature de ces archives privées et sur la question de savoir si, du fait qu’elles constituent un patrimoine important pour l’histoire de la population au-delà même de l’histoire privée de l’entreprise, elles ne devraient pas être considérées comme un bien public et mieux protégées. Toutefois, la réponse à cette question n’étant pas du ressort des participants, la réflexion ne s’est pas prolongée.

Enfin, la question de la conservation pérenne des archives électroniques a été évoquée. Lionel Garcia a expliqué que son entreprise se tenait à la pointe de la technologie dans ce domaine, grâce à une veille importante. Toutefois, il a ajouté qu’encore une fois, s’il pouvait conseiller ses clients sur les migrations à effectuer et les formats à adopter, il n’était pas de son ressort de les leur imposer. Il a également fait remarquer qu’un paradoxe existait entre la lourdeur des formats de conservation fiables et la souplesse de diffusion de l’information demandée par les clients.

 

Rédaction : Bouchra NEBBACH et Florian GIRAUD

 

 

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